
Ces maillots cultissimes !

03/30/2025 06:15 AM
Parce qu'ils ont été portés par les plus grands, avec qui ils ont gagné les plus grandes compétitions, ou parce qu'ils symbolisaient une époque, des valeurs, une tradition, les maillots de l'Ajax de Cruyff, du Barça de Messi, de la Seleçao de Pelé ou de l'Albiceleste de Maradona sont bien davantage que de simples maillots. Ils sont l'histoire du football. Comme ceux des Verts de 1976.
AJAX AMSTERDAM, 1972
De tous, grâce à la simplicité de son design, cette large bande rouge verticale qui n'a jamais disparu depuis 1911, il est le plus facilement identifiable. Décliné au fil des années en plusieurs modèles en fonction des équipementiers, c'est celui des années Cruyff, vierge de toute publicité, qui est le plus mythique en raison de l'impact sportif et culturel d'une génération batave irrésistible sur la scène européenne avec trois Coupes d'Europe des Clubs Champions consécutives (1971, 1972 et 1973).
L'info en plus : c'est ce maillot qui a servi de modèle au couturier Daniel Hechter pour dessiner celui du PSG à sa création en 1974.
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BRÉSIL, 1970
La popularité du maillot du Brésil, vainqueur d'une des plus spectaculaires Coupes du monde de l'histoire, celle de 1970 au Mexique, est profondément liée au sacre du roi Pelé. Considérée comme la plus talentueuse de l'histoire, la Seleçao 70 a survolé la compétition avec une tenue d'une grande sobriété, col rond et manches vertes, sur fond dominant jaune. Pour l'Auriverde, il y a eu un avant et un après Mexico.
L'info en plus : le succès du scintillant maillot jaune et vert de la Seleçao s'explique aussi par l'apparition de la couleur sur les écrans télé du monde entier, la Coupe du Monde 1970 étant la première de l'histoire à être ainsi retransmise.
FC BARCELONE, 2006
Parce qu'il est l'emblème du nationalisme catalan, le maillot blaugrana du FC Barcelone est resté historiquement vierge de toute publicité jusqu'en 2006. Avant de rentrer dans le rang en 2011 avec la fondation du Qatar, il a fait une exception à la règle en… payant pour accueillir l'Unicef, le fonds des Nations Unies pour l'enfance, premier sponsor en 107 ans d'existence. De Ronaldinho à Messi, trois Liga et deux Ligues des Champions ont étoffé le palmarès du club et fait du maillot Unicef un véritable collector.
L'info en plus : le Barça a versé 1,5 M€ par an à l'Unicef pendant cinq saisons ainsi que 0,7% des revenus de sa fondation.
BOCA JUNIORS, 1982
Le vertical rouge de l'Ajax, l'horizontal jaune de Boca Juniors, de Cruyff à Maradona, la symbolique agit avec la même efficacité pour la tunique d'un club qu'El Pibe de Oro a ramené au sommet du foot argentin au détriment de River Plate en 1981. Aujourd'hui encore, la tunique de cette saison 1981/1982 est la plus vendue et portée par les supporteurs dans les tribunes de la Bombonera. Comme un hommage à leur dieu à tous, Diego Armando Maradona… qui n'avait que 21 ans à l'époque.
L'info en plus : c'est en s'inspirant des couleurs d'un bateau suédois qui arrivait dans le port de La Boca au début du siècle dernier que le président du club argentin a choisi le bleu et le jaune pour les maillots de son club en 1907.
PAYS-BAS, 1988
Au risque de remuer le couteau dans la plaie d'une finale de Coupe du Monde 1974 perdue, on aurait pu choisir le maillot entièrement orange et agrémenté du seul logo de la fédération néerlandaise, et choisir le n°14, celui de Johan Cruyff, le seul à ne pas avoir les trois bandes Adidas sur les épaules car la star de l'Ajax était en contrat avec Puma.
Mais nous avons préféré nous souvenir du seul et unique titre des Oranje, l'Euro 1988. Axé sur des motifs triangulaires, son design audacieux plait ou ne plait pas, mais il symbolise à jamais la revanche de Rinus Michels sur le mauvais sort du stade olympique de Munich, 14 ans après, surtout la consécration de la génération Koeman, Rijkaard, Gullit, Mühren et compagnie.
L'info en plus : le maillot aux motifs géométriques triangulaires est éternellement attaché au but venu d'ailleurs marqué par
Marco Van Basten en finale de l'Euro face à l'URSS ; une reprise de volée excentrée pleine lucarne opposée de Dassaev !
ARSENAL, 2004
Associée aux Invincibles, champions d'Angleterre sans avoir concédé la moindre défaite (26 victoires et 12 nuls), la tunique des Gunners d'Arsène Wenger s'impose comme une évidence. Meilleure attaque, meilleure défense, meilleur buteur (Thierry Henry, 30 buts), les Canonniers d'Arsenal n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Longues manches blanches, maillot rouge uni avec une énorme O2 blanc au milieu du ventre, fin col blanc, et évidemment le célèbre canon, il n'en faut pas davantage pour détrôner dans l'esprit des supporteurs le maillot du centenaire (1985) estampillé JVC.
L'info en plus : pour commémorer la dernière saison jouée dans l'enceinte d'Highbury, après le sacre de 2004, le club a souhaité revenir à une tunique rouge grenat en 2005/2006, en référence aux années 30… sans grand succès puisque les Gunners n'ajoutèrent aucune ligne à leur palmarès.
ARGENTINE, 1986
Le Coq Sportif était encore dans le coup en 1986, au moins autant que Maradona qui, après avoir mis la Serie A à sa botte du côté de Naples, a continué à marcher sur l'eau au Mexique pour une Coupe du monde à jamais marquée par son doublé face à l'Angleterre. Le pire (la main de Dieu) et le meilleur (sa chevauchée individuelle balle aux pieds) du génie argentin s'expriment dans la tunique bleu ciel avec des bandes blanches caractéristiques de l'Albiceleste pour un deuxième sacre mondial.
L'info en plus : le maillot porté par Maradona lors du fameux quart de finale face à l'Angleterre (2-0), acheté aux enchères en 2022 pour 8,8 M€ par Sotheby's par un milliardaire originaire des Emirats Arabes Unis, était tout bleu avec un col blanc… et ne serait pas, selon sa fille, celui que portait son père ce 22 juin 1986.
MILAN AC, 1969
Boosté par son trio néerlandais, Rijkaard-Van Basten-Gullit, par ses cadres italiens, Baresi, Maldini, Ancelotti ou Donadoni, le Milan AC d'Arrigo Sacchi a définitivement fait entrer le maillot rossoneri dans l'histoire en remportant deux Ligues des Champions d'affilée en 1989 et 1990… avec un maillot blanc. La légende disait en effet que le club lombard était incapable de gagner les matchs à fort enjeu avec son maillot traditionnel aux rayures verticales rouges et noires, comme en finales de la C1 1958 ou 1993 face à l'OM.
En 1989 et 1990, mais aussi en 1994, 2003 et 2007, le blanc était en effet de sortie… contrairement à 1969, seul succès milanais en rouge et noir face à l'Ajax (4-1) dans le sillage de Rivera, Trapattoni ou Schnellinger et du coach Rocco.
L'info en plus : les couleurs du maillot du Milan AC ont été inspirés par un Anglais, Herbert Kiplin, à l'origine de la création
du club en 1899, « le rouge pour rappeler le feu des démons, le noir pour inspirer la peur ».
BASTIA, 1978
Aucune autre tunique que celle du SC Bastia pour son épopée européenne de 1977/1978, jusqu'en finale de la Coupe UEFA, n'a revendiqué une aussi forte identité régionale, celle de la Corse. Comme si, en éliminant le Sporting Portugal, Newcastle, Torino, Carl Zeiss Iena et le Grasshopper Zurich, avant d'échouer face au PSV Eindhoven, avec la tête de Maure sur leurs maillots, les joueurs de Cahuzac avaient fait acte de résistance.
L'info en plus : se demander pourquoi il y avait une tête de Maure (« Testa Mora ») sur le maillot du Sporting, c'est se demander ce qu'elle représentait aussi sur le drapeau corse depuis le 18ème siècle. D'après la légende, lorsque la ville d'Aleria dut se défendre contre les envahisseurs, les habitants mirent la tête du chef Maure sur un piquet pour les impressionner… et fêter la victoire.
SAINT-ETIENNE, 1976
Des poteaux carrés de Glasgow, à la remontada de Kiev, en passant par les exploits de Curkovic face au PSV, l'épopée européenne stéphanoise de 1975/1976 a été vécue par une France entière comme hypnotisée par les pouvoirs insoupçonnés des maillots Manufrance… pourtant absents des matchs de coupe d'Europe car, à cette époque, toute publicité était interdite sur les maillots pour les compétitions UEFA. Peu importe, l'impact a été le même sur une France en manque de héros et qui assimila l'un des plus beaux fleurons industriel et commercial français… stéphanois de surcroit, avec les joueurs d'Herbin. Malheureusement, pour les uns et pour les autres, la suite fut moins heureuse.
L'info en plus : le partenariat entre Manufrance et l'ASSE a duré entre 1973 et 1979, soit la période la plus prolifique de l'histoire du club avec trois titres de champion de France, trois Coupes de France, une finale, une demi-finale et un quart de finale de coupe d'Europe.
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